Loy Krathong: il y a le feu au lac !

          Comme tous les ans depuis le 13ème siècle, en Thaïlande, la fête de Loy Krathong coïncide avec la pleine lune du douzième mois lunaire (Phreutsadjikayaun, du sanskrit Vrishchika, i.e. Scorpion).

          En cette saison, le niveau des rivières est au plus haut et la lune au maximum de sa luminosité (car le ciel est le plus obscur), créant ainsi une atmosphère particulièrement romantique.


          La fin de la mousson est traditionnellement marquée par la fête de Auk Phansa (sortie de la période de carême), lors de la pleine lune précédente (i.e. celle d'octobre, dans la Balance). Cette année (2009), Loy Krathong aura lieu le lundi 2 novembre. Ce n'est pas un jour officiellement férié mais on peut parler d'une véritable mobilisation générale à travers tout le pays.


          Dès la tombée du jour, tous les plans d'eau, rivières et canaux, lacs et littoraux, s'illuminent de centaines de milliers (voire de millions) de lanternes flottantes, en forme de lotus. Cette fleur est le symbole de la libération spirituelle: elle naît souvent dans la boue mais s'élève au-dessus et s'épanouit, immaculée, en échappant à la souillure. Cela nous rappelle que l'âme éternelle et pure doit se dégager de la matière éphémère et putrescible…


          Loy Krathong est certainement la plus belle fête de Thaïlande, parfois aussi appelée «festival des lumières». En thaï, 'Loy' signifie «flotter, surnager», et 'krathong' «panier en matière végétale».


          L'affluence sur les berges est grande, alors que certains, comme les enfants à l'école, ont déjà préparé leurs krathongs longtemps à l'avance. Ils sont généralement faits de feuilles de bananier, on y dépose une bougie allumée, des fleurs et trois bâtons d'encens. Parfois, on y glisse des pièces de monnaie pour s'attirer des «mérites», sortes de bons points pour la vie présente ou future.


          Le lâcher du krathong est assimilé à un oracle: on dit que si la flamme de la bougie reste allumée jusqu'à ce que l'embarcation soit hors de vue, votre vœu sera réalisé. Et si deux amants lancent un krathong ensemble, ils vivront un amour heureux...

          Le spectacle de tous ces lampions voguant sur l'onde et de la foule des Thaïlandais pieusement mais joyeusement rassemblés sur les berges est proprement... électrisant. Sans parler des centaines de milliers de mini montgolfières qui sont lâchées pour s'élever vers la voie lactée (en sanskrit : akash-ganga, le Gange du ciel)… 


          Mais comme s'il ne se suffisait pas à lui-même, ce festival est souvent accompagné de festivités que chaque ville organise à son goût: feux d'artifices, parades, courses de bateaux ou de krathongs, dégustations de cuisine thaïe, et bien sûr l'inévitable concours de beauté «Nang Nophamat».

          Selon la légende, Nophamat était (selon les sources) soit la favorite, soit la petite-fille du fameux roi Ramkhamhaeng (règne: +/- 1275-1317). Pour mémoire: il est le fondateur de la nation, on lui attribue la mise au point de l'alphabet siamois (emprunté aux langues indiennes), son époque correspond à l'âge d'or de Sukhothai.

          Nophamat représente la princesse idéale, belle et intelligente, l'archétype de la vertu… domestique. Elle aurait été la première à confectionner un krathong pour rendre hommage à Mae-Khongkha ou Ma-Ganga (chère aux hindous), i.e. le Gange en tant que déesse-mère (l'eau nourricière), qui a donné, par correspondance, son nom au Mékong (et oui, ça vient de là !).


          La démarche est claire: on lui confie (via le krathong) tous les ennuis et tous les péchés des douze mois précédents. Ce rituel permet aussi de s'attirer les grâces de la «Bonne Mère» pour l'année à venir.

          Au-delà du concours de beauté, vous verrez ce jour-là un grand nombre de jeunes femmes endosser fièrement le costume doré de Nang (Demoiselle) Nophamat (nom forcément dérivé du sanskrit et voulant dire «or pur»).

          Concordance remarquable, cela équivaut peu ou prou à notre fête de la Sainte-Catherine, qui tombe le 25 novembre ! Pour ceux qui l'auraient oublié, la Sainte-Catherine était le jour où l'on fêtait les «vieilles filles», désignant les femmes de plus de 25 ans non mariées et qu'on appelait «Catherinettes» (elles, tout de blanc vêtues)…


          On recense au moins deux autres origines possibles de Loy Krathong. Pour certains, outre la référence au Gange, cela découlerait (sic) d'une autre coutume indienne appelée "Deepa-walee", célébrant, par des milliers de lampes à huile posées sur le rebord des fenêtres, le retour triomphal de Rama dans sa capitale d'Ayodhya lors de la «lune noire» de novembre. Pour d'autres, il s'agit de montrer son respect le plus sincère à l'empreinte (lumineuse?) de pied supposément laissée par le Bouddha sur la berge de la rivière mythique Nammadhammahantee…

          Voilà donc d'une tradition très ancienne dont la signification varie selon les croyances et les régions, de même que la manière de la célébrer.

Raymond Vergé



Où assister aux plus belles festivités en Thaïlande
Extrait du Guide du Routard:
http://www.routard.com/mag_evenement/153/loy_krathong_illumine_la_thailande.htm


À Sukhothai
Dans la ville-berceau de cette tradition, le spectacle en vaut la chandelle (sic), puisque l'ancienne capitale du royaume de Siam, non contente d'abriter l'un des plus beaux sites archéologiques de Thaïlande, présente chaque année au cœur des ruines, illuminées par des lanternes, un son et lumière et des danses folkloriques.


À Bangkok
En plus des festivités habituelles (feux d'artifices, etc.), quelques hôtels du bord de la rivière Chao Phraya s'illumineront et proposeront des animations spéciales pour leurs clients. Dans certains, la piscine sera même transformée en rivière éphémère, où l'on pourra lâcher son krathong...


À Ayutthaya
Encore une ancienne capitale de la Thaïlande ! C'est d'ailleurs à cette époque de gloire que la ville a commencé à célébrer le Loy Krathong. Marché flottant, processions, festival de cuisine thaïe, courses de bateaux à longue queue, etc.


À Chiang Mai
Dans cette région du Nord, le Loy Krathong s'appelle «Mai Yipeng». En plus des habituels krathong qui illuminent les cours d'eau, vous assisterez à de fascinants lâchers de ballons en forme de lanternes, gonflés à l'hélium: il sont sensés faire s'envoler avec eux les soucis ! Course de bateaux sur la rivière Ping, concours de krathong, décoration des maisons avec des lanternes, etc.


Voir aussi l'article du Petit Journal du lundi 19 novembre 2007

http://www.lepetitjournal.com/content/view/21304/1013/


Et celui du vendredi 7 novembre 2008

http://www.lepetitjournal.com/content/view/33031/1013/


Ou encore du mercredi 12 novembre 2008

http://www.lepetitjournal.com/content/view/33328/1013/

 

Loy Krathong mode d'emploi:

http://www.anawinplus.com/anablog/2008/loy_krathong_fr.htm


Loy Krathong en photos:

http://album-photo.geo.fr/ap/album/10520/

http://www.manuelablog.com/spip.php?article100

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

A Pattaya, vivez Loy Krathong comme si vous n'y étiez pas

 

Pour Loy Krathong 2008 (12 novembre), un Farang, instructeur de plongée (également restaurateur), avait décidé d'organiser une sortie nocturne en mer (afin de glaner quatre sous, bien sûr). Une fois ou deux, j'avais assisté à cette belle fête sur la plage de Jomtien (10 mn à pied de chez moi), mais je me suis dit que, vu d'un bateau, ce ne devait pas être mal non plus. Erreur grossière ! Je suis tombé dans le panneau, comme un bleu…

Le programme annonçait: départ à 18h du Bali Hai Pier et retour à 22h. Ca me laissait le temps de terminer [en revenant] un article que je devais envoyer le lendemain.

Nous partons donc en voiture [vers 17h30] avec ma femme et le petit (2 ans et 4 mois à l'époque). Tant bien que mal, je trouve une place de parquainge près de la gare maritime. Il y a déjà une foule considérable mais le décor est magnifique et surtout les 'acteurs' et 'actrices' portent tous de beaux costumes étincelants et/ou mordorés, il y a des scènes/plateaux/tréteaux/estrades installés sur la pelouse. L'ambiance est magique, à la tombée du jour, par le jeu des éclairages appropriés et la grâce exquise des Thaïlandais (et surtout des Thaïlandaises!).

Mais ce n'est pas pour nous puisqu'on a rendez-vous à l'embarquement. Arrivés sur le quai, nous apprenons qu'il y a un retard dû à un membre de l'équipe qui a eu un accident de pétrolette et un je-ne-sais-quoi encore pour corser le tout. En plus, on nous a indiqué le mauvais ponton, c'est la confusion la plus totale, ça commence mal, mais pour l'instant je rigole car je ne sais pas que le pire est à venir.

Quand on a pu enfin s'installer, nous nous retrouvons à une vingtaine sur un minable petit rafiot inconfortable où chaque mouvement demande de la concentration, du sang-froid et de l'audace pour éviter une chute, une glissade ou tout autre évènement aussi réjouissant.

Il vaut mieux se poser (s'agripper) quelque part et serrer les fesses. A 200 m de la côte, le moussaillon jette l'ancre et c'est la déception la plus totale. On ne voit absolument rien de ce qui se passe sur la plage, à part quelques vagues (sic) petites lueurs insignifiantes au dessus du littoral obscur.

J'ai les boules comme ce n'est pas permis. Pour me consoler, je me rabats sur la bouffe et surtout les boissons, en essayant de faire contre mauvaise fortune (de mer) bon cœur et de socialiser avec les autres victimes entraînées dans cette galère.

Quand approchent enfin les 22 heures pétantes, je rappelle au «Farang» qu'il est temps de rentrer, selon le programme convenu. Il rigole bêtement: «Mais attends, tout le monde n'a pas mis son Krathong à l'eau!».

Je commence à être sérieusement vénèr (mais grave!) et décide, impuissant (et néanmoins bouillonnant), de prendre mon mal en patience. La fête est gâchée, la fête est pourrie, j'ai payé 2 000 bahts pour venir me faire voler une soirée de rêve par cet abruti qui continue de fanfaronner à mon nez, à ma barbe et sous mes yeux (qui lui lancent des poignards bien effilés).

J'ai réussi à caser ma femme et le petit dans le poste de pilotage, sur la plateforme arrière où traînent quelques veilles couvertures sales et des oreillers informes.

Aux environs de 23h, on annonce enfin le retour vers la terre ferme. Mais ce n'est qu'une fausse bonne nouvelle. De sa cabine à la proue, le capitaine [thaïlandais] fait au moins trois allers-retours pour remonter l'ancre qui a l'air de ne pas vouloir se décrocher du plancher sous-marin. Ca dure facilement un bon quart d'heure. Je trépigne, fulmine et me retiens de péter les plombs. Ouf, on amorce la manœuvre salvatrice. Que je croyais…

Une fois près du débarcadère, on s'aperçoit que tous les 'anneaux' sont pris. Impossible d'accoster ou de s'approcher du quai. Le capitaine décide donc de s'aligner [bord à bord] le long d'un autre bateau qui est amarré près d'un escalier en ciment.

A cet endroit, il fait nuit noire malgré la pleine lune. Nous devons enjamber les rambardes pour passer d'un bord à l'autre mais il y a de la houle et du tangage. Bonjour les acrobaties périlleuses. Et j'ai mon gamin endormi dans les bras. Tout baigne (sic)… Il faut po-si-ti-ver!

Mus par l'énergie du désespoir, nous franchissons les obstacles à tâtons (tonton, tontaine) et je réussis à mettre le pied sur la première marche qui nous mène vers la libération. Car on vit vraiment cela comme une évasion. Courage, fuyons! Cap sur la voiture. Nous passons au milieu d'une foule en liesse. Cette kermesse est un régal pour les yeux. Mais on a tout raté…

Il est tard, nous devons rentrer. En retrouvant la voiture, mauvaise surprise: 20 mobylettes derrière, bien alignées, serrées et collées au cul du carrosse, et une devant, qui me nargue à 20 cm de la calandre. Je l'empoigne à deux mains, les forces décuplées par la rage (de survivre). Une partie du carénage arrière me reste dans la pogne. Je n'en ai cure et balance cette mob insolente sur le talus.

Parvenant péniblement à manœuvrer pour sortir de ce bourbier, je déchante car la joie est de courte durée. Je fais 10 mètres pour me retrouver derrière une interminable file de voitures roulant au pas, dans les ténèbres.

Alléluia, Allah hou akbar, Dieu est grand, merci Seigneur, merci pour ce calvaire qui n'en finit pas. Les yeux exorbités, au bord de l'apoplexie, nous mettons une demi-heure pour regagner nos pénates, alors qu'en temps normal, ce trajet se boucle en 5 mn. Comme Cendrillon, on réintègre le logis après minuit. Je dois finir mon article. Ca m'amène jusqu'à 3h du matin. Merci «Farang» et joyeux Loy Krathong. Tu m'excuseras mais je ne suis pas sûr de remettre ça en novembre prochain (si tu oses récidiver avec tes combines foireuses)…

Raymond vergé

PS: Sans même parler de me rembourser, cet animal ne s'est jamais excusé. Je ne suis plus jamais retourné manger chez lui (où j'avais aussi emmené pas mal d'amis profiter de son menu classe éco)…

 ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Pour preuve, voici la perfide annonce que j'avais reçue par courriel:

A l'occasion de la fête de LOI KRATHONG, Le mercredi 12 novembre 2008 nous organisons une croisière gourmande nocturne

Départ vers 18H00 et retour vers 22h00.

Le prix (1000 bahts) comprend :

       La croisière dans la baie de Pattaya

       Le repas: apéro maison, mixed Grill (Crustacés, poissons, viandes), dessert

       Animations: mise à l'eau de votre krathong

       Ambiance

       ..... 

Infos et réservations par téléphone ou au restaurant, au plus tard le 10 novembre 2008 [Tél.: 086 000 0000]

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

03/11/09

CONFIRMATION

Newsletter Gavroche Thaïlande: Que faire ce week-end et la semaine prochaine?

J'étais sur la plage de Jomtien hier soir:
c'était magnifique, magique, féérique! Une très belle fête, que l'on soit seul,
à deux, en famille ou avec des amis. Cela vous réconcilie avec l'Humanité.
Au moins pour une soirée... Mais certainement pas avec des abrutis qui vous prennent en otage après avoir encaissé la rançon. Ce gros con de farang nous avait fait payer 1000 bahts chacun l'année dernière pour nous entasser sur un rafiot égaré dans les ténèbres, alors que sur la plage se déroulait un spectacle extraordinaire: sons et lumières pyrotechniques partagés dans la convivialité et la prière (arrosées d'un peu de bière)...
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
QUELQUES IMAGES DE LOY KRATHONG 2008 A PATTAYA













QUELQUES IMAGES DE LOY KRATHONG 2009 A PATTAYA-JOMTIEN










































































Article ajouté le 2008-04-07 , consulté 604 fois

Commentaires



Poster un commentaire





http://





Merci de recopier le nombre présent à gauche dans la case de texte ci-dessous ( Pourquoi ? )





Liens

Voir les articles de la catégorie " Traditions "

Retour aux articles