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La femme, et cætera...

Dixit Aragon-Ferrat : la femme est l’avenir de l’homme

(Sûrement, mais celui-ci ne veut rien savoir!)

          Depuis l’invention de la poudre (!), et beaucoup plus tard avec la bombe atomique, on a cru remarquer que les progrès de la science pouvaient avoir des applications fort discutables.

          En Occident, l’usage de l’échographie s’est limité à permettre de surveiller la grossesse, sans donner lieu à trop de dérapages. Mais dans certains pays dits ‘du Sud’, cette technique a été récupérée dès le début pour se débarrasser des fœtus n’arborant pas ‘la petite bannière’.

         C’est ce que, pudiquement, on appelle l’avortement sélectif. Cette pratique, liée à l’obsession (pathétique) de l’enfant mâle, s’est développée (entre autres) dans les pays musulmans (du Maghreb à l’Indonésie), affectant toutes les couches sociales, et en Inde bien sûr, à majorité hindoue, où (hou!) la naissance d’une fille est considérée comme une malédiction, surtout lors de la première maternité.

          Dans ce grand pays (ce sous-continent!), cela s’explique en partie par la coutume de la dot (pourtant interdite) qui, par ailleurs, a donné lieu à nombre d’assassinats de brus (que les belles-familles essaient de maquiller en suicides) lorsqu’elles ne sont plus jugées ‘rentables’.

          L’Asie du Sud-Est (bouddhiste) semble moins touchée par ce phénomène de l’avortement sélectif. Quant à la Chine, l’usage y est répandu (et pour cause) puisque ce pays poursuit, depuis quelques décennies déjà, une politique de ‘planning familial’ très stricte (mais qui n’a manifestement pas atteint ses objectifs), imposant à chaque couple de n’avoir qu’un seul enfant… sauf, et cette dérogation infâme est tristement révélatrice, si le premier né est une fille: il leur est alors permis d’en avoir un second, en espérant que ce soit un garçon.

          Pour que le tableau soit complet, il faut également parler du traitement de faveur dont bénéficie cette «mâle engeance» en ce qui concerne l’alimentation, l’habillement, les soins médicaux, l’éducation, etc., pendant que les filles sont traitées comme des bêtes de somme, corvéables à merci.

          Elles connaissent donc une mortalité beaucoup plus importante (que leurs confrères), et dans des pays comme l’Inde, notamment, on assiste à un déséquilibre démographique [hommes-femmes] qui alarme les autorités (fichtre, on s’inquiète en haut lieu!).

          Le pire dans tout cela, c’est que les futures mamans elles-mêmes souhaitent accoucher de garçons, car cela leur apporte une sorte de promotion familiale, voire sociale. On est loin des sociétés matriarcales!

          Oublions le scénario idéal selon lequel l’humanité entière disparaîtrait une fois pour toutes afin de permettre aux animaux et aux plantes de régénérer tranquillement notre pauvre planète: les indicateurs de tendances ne plaident guère dans ce sens.

         Évoquons plutôt une utopie moins radicale, en nous basant sur des faits concrets et historiques: durant la première guerre mondiale, en France par exemple, les femmes ont malheureusement eu l’occasion de démontrer leurs grandes capacités à gérer le quotidien, souvent beaucoup mieux que les hommes. Cela fut reconnu mais oublié un peu plus tard.

          Dommage, tous ces millions d’hommes morts pour rien! Heureusement, après de longues et laborieuses décennies, les luttes sociales ont finalement amené un progrès certain dans la condition féminine, et de nos jours, des évidences réapparaissent.

          On constate notamment, et c’est un fait établi depuis quelques années, qu’à l'école et à l'université, les filles ont de bien meilleurs résultats que les garçons. Elles sont plus responsables, plus matures et plus motivées. Elles sont sans doute tout simplement plus intelligentes, plus fines, plus intuitives.

          Leurs qualités ‘humaines’ sont prouvées par des études sociologiques très pointues (mais pas assez médiatisées): par exemple, dans les maternelles, lorsque un bambin se met à pleurer, ce sont les filles qui se sentent d'abord concernées et qui se tournent instinctivement vers l'être qui souffre, alors que les garçons restent le plus souvent indifférents, les bougres.

          Partant de là, il n’est pas absurde de déclarer (même si cela restera toujours une théorie fumeuse), que seules les femmes peuvent sauver le monde (s’il est encore temps!), puisque leur nature (intrinsèque !) les pousse constamment à protéger, à nourrir, à soigner, à accueillir, à consoler, à rassembler, à partager…

          De façon plus pragmatique, Françoise Giroud (cette grande dame qui nous a quittés en 2003) avait clairement exposé le problème: «La question des femmes sera réglée quand elles auront le droit, comme les hommes, d’être médiocres à des postes importants!».

          Oui-da, mais ne nous faisons pas d’illusions: même après avoir entraîné le monde au bord du gouffre (par leur folie meurtrière et polluante), les hommes ne lâcheront jamais le pouvoir, et d’ailleurs ce n’est même pas prévu dans le langage: le mot ‘phallocratie’ existe (ce n’était pas la peine de l’inventer!) mais les lexicographes grecs ont omis de créer son «pendant» féminin, i.e. la «gyné[co]cratie» (?)…

          Serait-ce un acte manqué, une intention délibérée ou une impossibilité sociolinguistique? Quelle que soit la réponse, elle ne peut-être qu'effrayante!

Raymond vergé

http://www.lepetitjournal.com/homepage/a-la-une/65033-education-le-match-garconfille.html

EDUCATION – Les gars perdent le match garçon/fille

[Écrit par Marie Curci]

Il est régulièrement admis que les filles s'en sortent mieux face au système scolaire que les garçons. La tendance ressort clairement dans les chiffres aussi: sur 150.000 jeunes qui sortent du système scolaire sans aucun diplôme, plus de 100.000 sont des garçons. Alors existe-t-il un moyen pour tenter de rapprocher nos garçons de l'école ?

(Photo AFP)

Les garçons et l'école ne font pas bon ménage, contrairement aux filles qui, plus attentives, obtiennent bien souvent de meilleurs résultats. Selon une étude de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), les enseignants consacreraient 56% de leur temps à s'occuper de nos garçons contre 44% pour les filles. Qui plus est, sur 150.000 jeunes qui sortent du système scolaire sans aucun diplôme, plus de 100.000 sont des garçons. Comment faire pour les réconcilier avec l'envie d'apprendre?

L'échec scolaire des garçons est plus prégnant que celui des filles. Ils sont en effet plus sujets à l'absentéisme, aux redoublements, ou encore aux réorientations. Chaque année une multitude d'études sont menées sur ce sujet et il semblerait que le problème provienne des méthodes d'enseignement. La psychologue Jeanne Siaud-Facchin explique : "Cela n'est pas un problème de QI, mais d'adaptation au système. L'école est fondée sur le séquentiel, le verbal. On explique les choses plus qu'on ne les montre. Or les garçons ne sont à l'aise que dans le visuo-spatial."

Existe-t-il des solutions?

Jean-Louis Auduc, directeur de l'IUFM de Créteil, dans son ouvrage Sauvons les garçons (Éd. Descartes), propose de désacraliser les petits garçons, trop souvent élevés comme des enfants rois. Selon lui, "pour les pousser à investir la “tâche scolaire” dès 6 ans (obéir à une consigne, rectifier, recommencer, bref, développer une méthodologie de l'apprentissage), il faudrait les habituer à prendre part à la vie de la maison et aux tâches domestiques".

Et puis, nous en sommes tous conscients, les garçons sont trop souvent immatures par rapport à leurs petites camarades. "Depuis la disparition du service national, les garçons ne disposent d'aucun rite de passage" (contrairement aux filles avec leurs premières règles), souligne Jean-Louis Auduc. A ce moment là, réfléchir à l'aménagement d'un rituel de passage à l'âge adulte pour nos petits hommes adolescents se révèlerait peut être efficace.

Vers la fin de la mixité?

Si de telles différences existent entre les deux sexes, il devient pertinent de se questionner à propos de notre système d'éducation mixte. Peut être que revenir à un système de classes non mixtes permettrait aux enseignants d'être plus efficients et aux garçons comme aux filles d'être attentifs un maximum de temps. Interrogée par LeFigaro.fr à ce sujet Marie Duru-Bellat, la sociologue à l'origine du rapport de l'OFCE, préconiserait un retour à la non mixité mais seulement dans "les matières où cela pourrait avoir un sens : dans les cours de sports par exemple où les garçons se moquent souvent des filles ou dans les cours de biologie ou ils s'emparent de tous les microscopes. […] On pourrait envisager de phases de non-mixité brèves au sein de l'emploi du temps des élèves avant de les ramener vers un univers où filles et garçons sont mélangés." Bien entendu un retour à une non mixité totale n'est non seulement pas envisageable mais en plus serait préjudiciable pour les enfants.

Marie Curci (www.lepetitjournal.com) Lundi 4 octobre 2010

En savoir plus:

Notre article: POUR/CONTRE - Faut-il revenir sur la mixité à l'école? http://www.lepetitjournal.com/homepage/a-la-une/64000-pourcontre-faut-il-revenir-sur-la-mixite-a-lecole-.html

Article Le Figaro Les garçons, sexe faible à l'école
http://www.lefigaro.fr/sante/2010/09/26/01004-20100926ARTFIG00228-les-garcons-sexe-faible-a-l-ecole.php

Site Observatoire français des conjonctures économiques
http://www.ofce.sciences-po.fr/



01/10/2010
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