Inaugurations en Thaïlande

               L'astrologie joue un rôle important dans le calendrier thaïlandais, et les étoiles sont toujours consultées pour déterminer la date d'évènements importants. La numérologie y est bien sûr également associée, et ces deux disciplines aux fondements occultes cohabitent fort bien avec la doctrine bouddhique.


        En Thaïlande, la tradition séculaire veut que tout nouveau lieu de vie ou de travail soit béni par une cérémonie religieuse dont la date et l'heure ont été fixés par des moines-astrologues. Cette dimension spirituelle est indissociable des contingences matérielles. Selon la croyance, ne pas observer cette règle serait s'exposer aux pires calamités. Pour toutes cérémonies d'inauguration (appelées 'phithi-peud'), il y a trois jours fastes: mercredi, jeudi et vendredi, les autres jours étant considérés comme étant moins propices. Que ce soit pour une «crémaillère» ou l'ouverture de nouveaux bureaux, il faut impérativement inviter neuf moines à qui l'on fait des offrandes de nourriture et d'argent, en échange de quoi les locaux sont consacrés par des litanies chantées au milieu de fumées d'encens. Ces prières, ou mantras, sont des formules rituelles (en langue pâli) alliant signification, rythme et sonorités. Elles sont censées charger les lieux d'énergie spirituelle. Le chiffre 9, en tant que dernier nombre, symbolise un achèvement, et le début d'un nouveau cycle. Pour les thaïs, le chiffre 9 est donc synonyme de progrès, et en outre, phonétiquement, le mot thaï pour 9 (kào) évoque un grand pas en avant (khào nah). L'heure prévue pour la cérémonie comportera forcément ce chiffre.

A la fin de la célébration, les individus présents, mains jointes et tête baissée, reçoivent des aspersions d'eau bénite. A l'extérieur, au-dessus de la porte, l'officiant colle des feuilles d'or, signe évident de prospérité, et fait, du bout de son index trempé dans une pâte blanche parfumée, des dessins qui évoquent, entre autres, le Bouddha, son enseignement et la communauté des disciples (le Triple Joyau ou tiratana), ainsi que les quatre 'éléments' (maha-bhouta), la Terre, l'Eau, l'Air et le Feu. Parmi les symboles les plus usités, citons le signe du Namo-Phuthaya (Salutation au Bouddha) et celui de l'Ounalom, en forme de conque marine et désignant le 3ème œil (celui de la connaissance), situé entre les sourcils. On trouve également des figures pyramidales constituées de points blancs dont chacun représente une syllabe composant la formule sacrée spécifique à ce rituel. Le tout visant à établir dans les locaux la force du Sirimongkon ou équanimité dans le malheur comme dans le bonheur.

Raymond Vergé


Les véhicules ne sont pas oubliés... 



13/03/2008
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