Sukhumvit: l’incontournable

Parmi les quatre principales routes nationales de Thaïlande, Sukhumvit est la plus courte mais sans doute la plus «médiatisée», de par sa couverture… géographique. Elle prend naissance au cœur de la capitale, à l'intersection de Ploeun-Chit Express et finit sa course à Trat, 400 km plus loin, près de la frontière cambodgienne, après avoir traversé les provinces de Chonburi, Rayong et Chanthaburi.


          Lorsqu'on habite Bangkok ou Pattaya, ou quelque part dans son voisinage étendu, Sukhumvit est le repère topographique idéal, bien fixé dans l'inconscient collectif. C'est le mot de passe, le sésame connu de tous. On en parle comme d'une référence familière, d'un bien commun. C'est l'espace personnifié, une zone sacralisée par la ferveur populaire.


          Rien qu'à Bangkok, Sukhumvit fait une bonne douzaine de kilomètres (jusqu'au soï 119, juste avant Samut Prakan). La ligne du métro aérien la survole sur sept stations (de On-nut à Nana). Le métro souterrain la croise à Asok: la rencontre était inévitable. Comme c'est l'une des principales artères commerciales, son secteur est très coté, notamment des soï 1 à 55. A noter que la plupart de ses rues adjacentes finissent en impasse et certaines sont donc paradoxalement aussi calmes qu'en province.


          A Pattaya, c'est un vaste boulevard extérieur qui fait office de frontière, voire de ligne de démarcation: il y a ce côté-ci de Sukhumvit et puis au-delà où la vérité n'est pas la même, où la vie est moins chère surtout.

[credit photo: Benjamin Peyregne]

          Suivant une tradition ancienne, Sukhumvit a été baptisée ainsi en l'honneur du 5ème Directeur Général du réseau routier, Phra Pisan Sukhumvit, nom patronymique qui pourrait se traduire par 'science subtile, sagesse' (Sukhum venant du sanskrit sukshma, infime, et Vit de vidhya, connaissance).


          Dans l'ordre numérique c'est donc la troisième route nationale du pays, la première étant Phahon-Yothin, qui part de Bangkok (à Victory Monument) et remonte jusqu'à Chiangrai (1005 km). Elle porte le nom d'un général connu pour avoir participé au coup d'état du 24 juin 1932. Il fut d'ailleurs le deuxième premier ministre de la monarchie constitutionnelle. La deuxième est Mittraphap (voulant dire Amitié, en thaï sanskritisé), qui traverse l'Issan (région du nord-est), allant de Saraburi à Nong Khai (500 km), près du Laos, où elle rejoint le pont (du même nom) sur le Mékong. La quatrième et la plus longue s'appelle Phetkasem (du nom du 7ème Directeur Général du réseau routier). Elle commence au pont de Naowa Chamnian (banlieue sud-ouest de Bangkok) et arrive jusqu'à Songkhla, 1274 km plus bas.

                                                Raymond Vergé



02/03/2008
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